C’est LE sujet qui m’a pris le plus de temps à comprendre quand j’ai acheté mon appareil. Les bases restent plus ou moins similaires à celles de la photo (exposition, ouverture, ISO…), mais avec quelques notions supplémentaires qui changent complètement la manière de penser l’image.
- À combien d’images par seconde faut-il filmer ?
- Quel est le meilleur format vidéo ?
- 4K ou Full HD ?
- Quelle vitesse d’obturation utiliser en vidéo ?
Si toi aussi tu t’es déjà posé au moins une de ces questions, bonne nouvelle : toutes les réponses se trouvent dans cet article.
Les bases de la vidéo

Contrairement à la photo, qui fige un moment, la vidéo capture une série d’images consécutives. Diffusées rapidement (24, 25 ou 30 images par secondes, par exemple), ces images fixes créent l’illusion d’un mouvement fluide et naturel. Une vidéo est donc simplement une succession de photos que notre cerveau relie entre elles.
Combien faut-il d’images par seconde ?
Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre comment fonctionne notre perception.
L’œil humain commence à percevoir un mouvement comme fluide à partir d’environ 16 à 20 images par seconde (persistance rétinienne). Au-dessus de ce seuil, nous ne distinguons plus les images individuellement : nous percevons un mouvement continu. En dessous, en revanche, la succession d’images devient visible et le mouvement paraît saccadé. À l’époque, avec l’arrivée du cinéma, il fallait :
- une vitesse stable
- suffisamment rapide pour que le son soit fluide
- mais pas trop rapide pour éviter de gaspiller de la pellicule (coûteuse)
C’est ainsi que 24 fps a été gardé, car meilleur compromis.
Pourquoi 60 images par seconde ne paraît pas “plus fluide” que 25 FPS ?
Si tu as déjà fait de la vidéo, tu t’es sûrement dit : “Plus il y a d’images par seconde, plus ce sera fluide.” C’est logique. Intuitif, même. Si on ajoute plus d’images, le mouvement devrait sembler plus naturel.
Mais en réalité, la sensation de fluidité ne dépend pas uniquement du nombre d’images par seconde. Elle dépend aussi de la façon dont le mouvement est capturé. Et plus précisément… du flou de mouvement.
Le rôle du flou de mouvement
Quand un objet bouge dans la vraie vie, notre œil ne le voit pas parfaitement net. Il perçoit naturellement un léger flou pendant le mouvement. Ce flou est normal, il fait partie de notre perception.
En vidéo, c’est exactement la même chose ! Si chaque image est parfaitement nette, même pendant un mouvement rapide, le rendu paraît étrange. Trop précis. Trop “dur”. Parfois même saccadé.
Ce n’est donc pas seulement le nombre d’images par seconde qui crée la fluidité. C’est la combinaison entre :
Le nombre d’images (FPS) et la quantité de flou présente dans chaque image (vitesse d’obtruation)
Quand les deux sont cohérents, le mouvement paraît naturel. Quand ils ne le sont pas, le rendu semble “bizarre”, même si techniquement tout est net.
La règle du x2
Pour toujours bien combiner les FPS avec la vitesse, il existe une règle très simple :
La vitesse d’obturation doit être environ le double du nombre d’images par seconde.
On appelle ça la règle des 180° (héritée du cinéma).
Concrètement :
- Tu filmes en 25 fps : vitesse autour de 1/50
- Tu filmes en 60 fps : vitesse autour de 1/120
Cette règle permet d’obtenir un flou de mouvement naturel. Et c’est ce flou qui donne ce rendu “cinéma” qu’on recherche.
Le filtre ND : ton meilleur allié en extérieur
Maintenant que tu connais la règle du x2, un problème apparaît. Si tu filmes en plein soleil à 25 fps avec une vitesse de 1/50, ton image sera complètement surexposée. En photo, tu aurais simplement augmenté la vitesse d’obturation. Mais en vidéo, tu ne peux pas, sinon tu casses le flou de mouvement.
C’est là qu’intervient le filtre ND (Neutral Density). C’est tout simplement une “paire de lunettes de soleil” pour ton objectif. Il réduit la quantité de lumière qui entre dans l’appareil sans modifier les couleurs, résultat :
- Tu peux garder 1/50
- Tu peux garder ton ouverture
- Tu respectes la règle des 180°
- Ton image reste naturelle
Sans filtre ND en extérieur… impossible d’avoir un rendu propre.
Quel format vidéo choisir ?
Tu verras souvent plusieurs options : MP4, MOV, H.264 ou encore H.265. Ce qu’il faut retenir :
Le conteneur (MP4 / MOV) importe peu pour la majorité des créateurs. Ce qui compte vraiment, c’est le codec.
C’est quoi un codec exactement ?
Un codec (COdeur / DECodeur) est une technologie qui permet de compresser et décompresser une vidéo. Sans compression, un fichier vidéo serait énorme. Le codec sert donc à :
- Réduire la taille du fichier
- Garder une bonne qualité d’image
- Permettre la lecture sur différents appareils
En résumé, le conteneur (MP4, MOV) est la “boîte” et le codec (H.264, H.265…) est la méthode utilisée pour compresser ce qu’il y a dedans.
Quel codec choisir ?
H.264 (le plus sûr)
- Fichiers légers
- Compatible partout
- Plus facile à monter
- Moins exigeant pour l’ordinateur
C’est le meilleur choix dans 90 % des cas.
Si ton ordinateur n’est pas très puissant, reste en H.264. Tu gagneras du temps… et des nerfs.
Choisir la définition : 4K ou Full HD ?
C’est un peu une question piège car sur le papier, la 4K est meilleure (plus de pixels, plus de détails). Mais en réalité, la 4K prend énormément de place. Elle demande également un ordinateur assez puissant pour le montage ce qui peut vite coûter très cher.
Le Full HD (1080p) quand à lui, demande beaucoup moins de stockage et se monte donc aussi plus facilement. De plus, il est largement suffisant pour la majorité des usages (publication sur les réseaux sociaux, vidéo YouTube, etc…)
Si tu débutes, le 1080p est un excellent choix.
En réalité, la qualité d’une vidéo dépend beaucoup plus de la lumière, du cadrage, du son et du mouvement que tu lui donne.
En conclusion
Maîtriser les réglages vidéo, c’est comprendre l’impact de chaque paramètre sur le rendu final. Images par seconde, vitesse d’obturation, codec et définition ne sont pas des détails techniques : ce sont des choix qui structurent ton image.
Une fois ces bases assimilées, tu ne règles plus au hasard — tu décides.